vera

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posté le 2006-12-25 à 20:06:08
C'est un des rares auteurs dont j'ai presque tout lu sauf son dernier livre qui m'est tombé des mains : Le premier Homme
Mes préférés : Caligula, la Chute et l'Etranger
«Je dois m'occuper d'être heureux»
Albert Camus
"Il fut un temps où j'ignorais, à chaque minute, comment je pourrais atteindre la suivante. Oui, on peut faire la guerre en ce monde, singer l'amour, torturer son semblable, parader dans les journaux, ou simplement dire du mal de son voisin en tricotant. Mais, dans certains cas, continuer, seulement continuer, voilà ce qui est surhumain."
Albert Camus
La chute - 1956
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L'amour est comme les anges, petits êtres asexués qui se moquent du genre ...
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Tallulah

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posté le 2008-01-19 à 02:40:29
Camus j'ai adoré "la chute", je crois que celui là reste indéniablement mon préféré. J'ai beaucoup aimé aussi Caligula, l'étranger, ainsi que le malentendu. J'avais acheté la peste il y a quelques années mais je n'ai pas encore pris le temps de le lire (c'est le cas aussi pour plusieurs autres livres de ma bibliothèque malheureusement )
Je suis d'humeur ce soir à mettre l'un de mes passages préféré extrait de La chute :
« Comment je sais que je n’ai pas d’amis ? C’est très simple : je l’ai découvert le jour où j’ai pensé à me tuer pour leur jouer une bonne farce, pour les punir, en quelque sorte. Mais punir qui ? Quelques-uns seraient surpris ; personne ne se sentirait puni. J’ai compris que je n’avais pas d’amis. Du reste, même si j’en avais eu, je n’en serais pas plus avancé. Si j’avais pu me suicider et voir ensuite leur tête, alors, oui, le jeu en eût valu la chandelle. Mais la terre est obscure, cher ami, le bois épais, opaque le linceul. Les yeux de l’âme, oui, sans doute, s’il y a une âme et si elle a des yeux ! Mais voilà, on n’est pas sûr, on n’est jamais sûr. Sinon, il y aurait une issue, on pourrait enfin se faire prendre au sérieux. Les hommes ne sont convaincus de vos raisons, de votre sincérité, et de la gravité de vos peines, que par votre mort. Tant que vous êtes en vie, votre cas est douteux, vous n’avez droit qu’à leur scepticisme. Alors, s’il y avait une seule certitude qu’on puisse jouir du spectacle, cela vaudrait la peine de leur prouver ce qu’ils ne veulent pas croire, et de les étonner. Mais vous vous tuez et qu’importe qu’ils vous croient ou non : vous n’êtes pas là pour recueillir leur étonnement et leur contrition, d’ailleurs fugace, pour assister enfin, selon le rêve de chaque, à vos propres funérailles. Pour cesser d’être douteux, il faut cesser d’être tout bellement.
Du reste, n’est-ce pas mieux ainsi ? Nous souffririons trop de leur indifférence. « Tu me le paieras ! » disait une fille à son père qui l’avait empêchée de se marier à un soupirant trop bien peigné. Et elle se tua. Mais le père n’a rien payé du tout. Il adorait la pêche au lancer. Trois dimanche après, il retournait à la rivière, pour oublier, disait-il. Le calcul était juste, il oublia. A vrai dire, c’est le contraire qui eût surpris. On croit mourir pour punir sa femme, et on lui rend sa liberté. Autant ne pas voir ça. Sans compter qu’on risquerait d’entendre les raisons qu’ils donnent de votre geste. Pour ce qui me concerne, je les entends déjà : « Il s’est tué parce qu’il n’a pu supporter de… » Ah ! Cher ami, que les hommes sont pauvres en invention. Ils croient toujours qu’on se suicide pour une raison. Mais on peut très bien se suicider pour deux raisons. Non, ça ne leur entre pas dans la tête. Alors, à quoi bon mourir volontairement, se sacrifier à l’idée qu’on veut donner de soi ? Vous mort, ils en profiterons pour donner à votre geste des motifs idiots, ou vulgaires. Les martyrs, cher ami, doivent choisir d’être oubliés, raillés ou utilisés. Quant à être compris, jamais. »
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*Donnez moi la force d'accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être, et la sagesse de savoir distinguer les deux.*
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