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Après le deuil, retrouver l'esperance, étapes après étapes
vera


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122 messages

posté le 02-01-2007 à 21:24:30

LE TRAVAIL DE DEUIL

Je mets ici des textes fondés sur différentes approches du travail de deuil. Les sources sont plurielles et… inconnues.

L'ÉTAPE DU CHOC

* L'émotion est brutale, comme si on recevait un coup sur la tête.

* On vit une sorte d'engourdissement qui nous protège de la douleur.
* En général, le choc ne dure pas longtemps.

* Ce n'est pas le moment de prendre des décisions à long terme.

* Il est bon d'avoir la compagnie d'un ami.
* Quand le choc disparaît, la douleur surgit.

L'ÉTAPE DE L'ADAPTATION
* C'est l'étape la plus difficile et la plus exigeante. Le travail du deuil commence ici.
* C'est une période de désorganisation, d'intégration et d'adaptation.
* On traverse une turbulence d'émotions qui épuisent.
* Il est souhaitable d'aller au fond de sa peine.
* Il est préférable de ne pas prendre de tranquillisants, car ils peuvent bloquer les émotions.
* Essayer de se joindre à un groupe de soutien.
* On est plus vulnérable physiquement, il est bon de consulter un médecin pour prévenir les problèmes de santé.
* Boire plus d'eau (1/3 de plus que la soif le demande).
* Faire de l'exercice.
* Se reposer suffisamment.

L'ÉTAPE CRÉATRICE
* La guérison s'annonce.
* C'est une période de reconstruction.
* On reformule un sens à sa vie.
* C'est une étape d'identification et d'exploitation de ses ressources.
* On réinvestit son énergie dans de nouveaux projets ou dans la poursuite de ce qui avait été mis de côté
* * * * * * * * *

Accepter le départ de quelqu’un, accepter sa mort, ne va pas de soi. Face à la mort d’un proche, un travail sur soi est à faire, qui demande du temps. C’est tout un chemin qui nous fait parcourir, chacun à notre manière, plusieurs étapes : du refus à l’acceptation paisible, en passant par la révolte, le marchandage, la dépression. De tout deuil nous pouvons faire une source de vie.


Apprendre à perdre

Dans ce qu’il est convenu d’appeler le “ travail de deuil ”, on peut voir cinq étapes. Elles ne jalonnent pas seulement le deuil radical qu’est la confrontation à la mort de l’autre, mais bien des “ petites morts ” que la vie nous impose : maladie grave, séparation, déménagement, perte d’un travail, par exemple. Vivre, c’est apprendre à perdre, à mourir un peu. Si l’on traverse sans difficultés ces petits deuils, les vrais deuils sont abordés avec une plus grande stabilité intérieure. Mais cela dépend de l’histoire de chacun, et de la façon dont il est accompagné. Chaque deuil est unique.

Le déni

Dans un premier temps se manifeste un déni de la réalité : “ Ce n’est pas possible, ce qui arrive n’est pas vrai, je n’y crois pas…” Ce refus d’accepter la réalité constitue une sorte d’auto-défense devant l’inéluctable. Toute notre énergie vitale s’insurge devant une réalité et prétend la nier. Dans un premier temps, c’est une réaction saine, normale, face à ce qui arrive, mais s’y enfermer, ne pas parvenir à la dépasser peut devenir grave. Une fois le premier choc passé, l’évidence va finir par s’imposer.

La colère

Le déni passé laisse souvent place à l’expression de la colère, de la révolte. Un sentiment d’injustice apparaît, d’autant plus intense que la mort est inattendue ou les liens avec le défunt étroits : “ Pourquoi lui ? C’est injuste à son âge, dans sa situation. Pourquoi me fait-il cela ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ?… ” Cette étape est spécialement difficile à dépasser. Peut-être parce que, confrontés au problème de la mort, et surtout de cette mort, nous n’avons pas de réponse claire, d’explication naturelle. Nous cherchons un coupable : Dieu, les forces du mal, la société, le corps médical, ou nous-même. Ces manifestations agressives ont besoin de s’extérioriser. Elles sont l’expression d’une forte charge émotionnelle qui doit pouvoir s’alléger. La façon dont la personne est entourée, écoutée, réconfortée, compte beaucoup.

Le marchandage

Le stade de la colère fait place à une sorte de marchandage : “ S’il revivait, tout serait différent, cela ne se passerait pas comme cela, telle étape serait vécue autrement. ” Il s’agit là d’une nouvelle forme de refus de la réalité mais très différente de la première. Elle se raccroche à l’imaginaire pour intégrer ce qui s’est passé mais en imaginant un autre scénario. La personne tente de régler d’anciens contentieux, d’améliorer ce qui a été vécu afin de se déculpabiliser.

La dépression

Dans la majorité des cas, le travail de deuil passe ensuite par une phase de dépression. Chagrin, découragement, repliement sur soi, marquent cette étape. L’évidence s’est imposée et ses conséquences apparaissent concrètement : soucis familiaux, solitude future, difficultés financières, démarches administratives, etc. De nouveau, la qualité de présence de l’entourage est déterminante pour surmonter cette phase de dépression.

L’acceptation

La dernière phase du travail de deuil est celle de l’acceptation pacifiante. Les grands combats sont passés, les tempêtes apaisées. On s’autorise à vivre sans l’absent et on peut réapprendre à vivre. L’absence est réelle mais elle n’est pas totale. Une autre relation avec le disparu s’instaure. La restructuration intérieure s’achève. De temps à autre, l’émotion peut ressurgir mais ce n’est plus un flot qui submerge tout sur son passage.

Donner du temps au temps

Dans notre monde de l’instantané et de l’éphémère, on voudrait se “ débarrasser ” de la souffrance le plus vite possible. Mais le processus de guérison prend du temps. Négliger ces différentes étapes, c’est risquer de gommer la mort par des paroles trop rapides : “ Il est heureux maintenant, il va nous aider. ” Même si elles sont vraies, elles demandent de donner du temps au temps, le temps de mettre en place une nouvelle relation avec le défunt. Tout ce que son départ a bousculé demande un nouvel équilibre. La vie a repris sa place. Et aimer de nouveau, ce n’est pas trahir celui qui est parti.
* * * * * * * * *

LES GRANDES ETAPES DU DEUIL

Elles sont au nombre de quatre et se chevauchent :

1. La phase de refus, de déni

La première phase du deuil est marquée par le déni (un refus absolu d’y croire) de la perte. La personne endeuillée éprouve énormément de difficultés à assimiler la réalité de la perte ainsi que la forme du décès. « Non! Ce n’est pas vrai, je ne veux pas y croire ! » On a beau savoir que tout est terminé et qu’il va falloir passer à autre chose, une partie de soi-même semble, pour un temps, refuser cette réalité. Sans qu’on parvienne encore à mettre des mots sur ce qui est en train de se passer en soi, on ressent le besoin de se protéger; c’est ce que l’on pourrait appeler l’instinct de conservation. On ne sait pas encore vraiment de quoi, mais, dans le plus profond de son inconscient, les premiers mécanismes de protection se mettent en route, car une partie de soi-même sait très bien ce qui se prépare et protège, en quelque sorte, la conscience qui elle, ne mesure pas l’impact et les conséquences du décès.

Cette étape est donc un moyen de se protéger contre l’énormité de ce qui vient de se passer. On a besoin, pour un temps, de ne pas vraiment croire à ce qui vient de se passer. C’est comme un mauvais rêve, un cauchemar dont on va bientôt se réveiller, et ce refus peut durer quelques heures ou quelques jours. On sait « dans sa tête » que la personne est décédée mais on n’a pas vraiment pris conscience qu’on a bel et bien perdu définitivement cette personne.

Pendant cette première étape de déni, il est important de pouvoir constater par soi-même que la personne aimée est véritablement morte : c’est une des conditions essentielles pour pouvoir progresser dans le travail du deuil. Voir le corps sans vie permet de réaliser, même si on refuse d’accepter cette réalité, que les liens physiques sont rompus : le regard, le toucher, la parole,…sont irrémédiablement éteints.

C’est ainsi que l’on comprend mieux la signification de ce rituel oublié qui était la « veillée des morts ». Autrefois, on prenait le temps de rester auprès du défunt afin de prendre conscience de la mort. Aujourd’hui, son importance est tout simplement ignorée.

Dans les heures, les jours qui suivent le décès, il faut s’occuper de l’enterrement, préparer une cérémonie, envoyer les faire-parts, donner milles coups de téléphone…Dans ce tourbillon d’événements, il est difficile de prendre conscience de ce qui s’est passé réellement, on tient la douleur à distance.

Après l’agitation des derniers jours, la maison devient silencieuse et vide. On commence à comprendre ce que veut dire réellement le mot « absence ».Et plus le temps passe, plus on sent grandir en soi une douleur inconnue qui ne cesse de grandir. Jamais auparavant on avait connu une douleur aussi forte ! On cherche par n’importe quel moyen à atténuer cette souffrance mais on se rend compte petit à petit que rien ne pourra la soulager.

Il est difficile d’avancer une durée « normale » de cette première étape : de quelques heures à plusieurs jours voire une semaine. La raison va parvenir petit à petit, à accepter la fatalité de la mort, mais le chemin sera long et tortueux car on persiste encore à croire que l’autre peut encore revenir.

Après le choc des premiers instants, après le déni, après la prise de conscience de l’absence, contre vents et marées et en dépit de l’évidence, on va continuer à espérer un possible retour. On commence alors à attendre et on va chercher, chercher et rechercher sans relâche…

2. La phase de recherche

Après la perte d’un proche, la personne en deuil va donc entrer dans une phase de recherche : elle veut à tout prix retrouver la personne décédée. Soudain, on réalise avec effroi qu’on est en train de perdre ce que l’on avait construit ; tout ce qui nous reliait à l’autre est en train de nous glisser entre les doigts. La personne endeuillée s’aperçoit avec effroi que quoi qu’elle fasse, cette perte est irréversible, que l’être aimé ne reviendra plus jamais !
Cette terrible constatation va provoquer deux types de comportements : la fuite et la recherche.

- La fuite
La fuite a comme but évident : celui de se protéger ! On se rend vraiment compte de ce qui s’abat sur soi, on ressent un énorme poids et on ferait n’importe quoi pour l’alléger. On n’ose plus rester seul, de peur de se retrouver face à ses pensées. On vit à cent à l’heure pour éviter de penser à quoi que ce soit et finalement on s’écroule, le soir, écrasé de fatigue. Mais on est sur le « qui-vive » et on se demande jusqu’où on pourra tenir… avant de s’effondrer, de « craquer ».
Si la fuite est, pour un temps, protectrice, on sait pourtant qu’un jour ou l’autre on finira par être rattrapé par la douleur et que, dès lors, il sera inutile de remuer ciel et terre dans l’espoir de ne pas souffrir.

- La recherche

Plus on a conscience, jour après jour, que l’on perd irrémédiablement la personne décédée, plus on va tenter de préserver ce qui nous reliait à elle. On va essayer de tout faire pour que le contact ne s’interrompe pas.
A ce stade, le défunt (et tout ce qui a un rapport avec lui) est la seule et unique préoccupation de la personne en deuil : plus rien ne compte, plus rien d’autre n’occupe son esprit. Elle y pense sans cesse. A chaque instant, le cœur s’obstine à rechercher, encore et encore, celui ou celle qui a disparu. Mille fois, on croit le voir. On a beau se répéter que c’est impossible, chaque fois on y croit. Les lieux familiers où on allait ensemble attirent irrésistiblement sans qu’on trouve parfois le courage de s’y rendre. On se surprend même à appeler le défunt.
Ainsi chaque pensée, chaque acte porte l’emprunte du défunt. Durant cette phase de recherche, on n’agit qu’en fonction de lui et l’attention est stimulée par ce qui a un rapport proche ou lointain avec lui. On éprouve l’envie d’acheter des revues qu’il aimait, on va voir au cinéma les films qu’il appréciait,…
Tout cela est normal et même souhaitable : c’est le cours normal du deuil car n’oublions jamais que le fort intérieur ne poursuit qu’un seul but : retrouver coûte que coûte le défunt et annuler sa mort dont l’idée reste encore intolérable.

3. La phase de « déstructuration »

Et le temps, inexorablement, va suivre son cours. Pendant des semaines, on a cherché, on a appelé, sans jamais obtenir de réponse et on en est arrivé à ne plus croire à un impossible retour. On se surprend encore parfois à faire des gestes quotidiens comme si l’autre était là, mais on reconnaît à présent que l’autre ne reviendra plus jamais. Il faut continuer à avancer seul !

C’est en effet, trois à huit mois après la mort, que le deuil prend sa pleine dimension et que la douleur atteint son paroxysme. C’est un point capital pour comprendre la personne en deuil car la période la plus difficile n’est pas au début mais plusieurs mois après le décès. Car c’est le temps où tous les points de repères avec le défunt disparaissent, c’est la phase de déstructuration : une immense impression de vide, d’absence et de perte.
On se retrouve, dès lors, émotionnellement et psychologiquement, dans un état pire qu’aux premiers jours du deuil ! La plupart des gens que j’ai rencontrés m’ont dit qu’à ce moment-là on tombe dans le désespoir le plus total : « A quoi bon me battre à chaque seconde de ma vie si la douleur empire de jour en jour ? Cela ne va jamais s’arrêter ! Je n’arriverai jamais à sortir de cet enfer ? » C’est l’étape la plus difficile à traverser car on a l’impression qu’on aboutira à rien. Or, elle est dans la logique du processus naturel de séparation : c’est un Mal pour un énorme Bien après.

Au début du deuil, la famille et l’entourage sont omniprésents et la douleur peut être extériorisée (obsèques, veillées,…). Mais le temps passe, les semaines, les mois… et petit à petit les autres oublient, emportés par leur rythme de vie quotidien. La souffrance perd donc petit à petit son caractère « public ». Elle devient plus profonde, plus intime, plus cachée. Extérieurement, on a repris son travail, ses activités et on fait croire aux autres que le plus gros de l’orage est passé. Qui pourrait deviner que, derrière cette façade « normale », on livre un combat quotidien contre cette douleur destructive qui est logée au plus profond de soi (physiquement et psychologiquement).

La colère et la révolte

On pensait jusque-là que le deuil ne serait fait que de tristesse et on constate aujourd’hui que la colère et la révolte ont aussi leur place, qu’il faut les accepter comme faisant partie du travail à accomplir.
Pour certains, la « colère » se résume à une irritabilité, une impatience inhabituelle, à des « sautes d’humeur ». Pour d’autres, elle prend la forme d’une violence parfois surprenante en intensité. Il ne faut jamais oublier que cette colère est un moyen de protection psychologique, c’est un moyen de défense sain contre une dépression qui est là sous-jacente, en latence
!
Malheureusement, notre société n’accepte pas la colère et la révolte chez une personne en deuil : ça ne « colle » pas, on s’attend plutôt à de la dignité silencieuse. Et cette révolte on se l’interdit même à soi-même ; on ne dit rien et on tient tout ce potentiel de rage en soi car quelque part on a peur d’être rejeté et abandonné par l’entourage. Alors, on essaye de faire disparaître de nos pensées ses sentiments de colère et de révolte car on est honteux de les ressentir. Mais finalement, de quoi est faite cette colère et cette révolte ? Elles visent en général quatre pôles principaux :

® la révolte contre Dieu et la destinée : une remise en question des valeurs religieuses, philosophiques.
® la révolte contre la médecine : pourquoi n’a-t-on pas pu sauver la personne qu’on aime ?
® la colère contre le défunt : on ne parvient pas à accepter d’avoir été abandonné par l’autre et de se retrouver seul face à des responsabilités qu’on redoute, à des projets qui s’effondrent. Il ne reste que dépit et frustration.
® la colère contre soi-même : colère d’avoir osé aimer, de s’être attaché…et d’en payer aujourd’hui le prix (la tristesse et le désarroi).

La culpabilité

Si pénible soit-elle, la culpabilité est un sentiment normal que toute personne en deuil ressent. On se sent coupable de ce que l’on a fait, de ce que l’on a dit ou que l’on n’a pas dit, de ce que l’on a pensé ou que l’on n’a pas pensé… On oublie à ce moment-là qu’on est un être humain avec ses limites et ses défauts et qu’on est loin d’être parfait. On idéalise à l’extrême le défunt et les relations que l’on entretenait avec lui : il (ou elle) était le (ou la) meilleur(e) et ma vie était parfaite ! On s’interdit dès lors de profiter du peu de vie qu’il nous reste et on s’enferme dans sa solitude. La seule solution est d’accepter la responsabilité de ce qu’on a fait, de ce qu’on a été, de ce qu’on a dit… mais le chemin qui mène au pardon à soi-même sera parfois long et difficile.

La dépression

Pendant cette phase de déstructuration du deuil, la dépression s’installe à cause du vide et de l’absence. Pour faire face à tout ce qui arrive, on doit puiser dans toutes ses réserves mais on puise parfois tellement en soi, qu’on arrive « au bout du rouleau ». On est complètement épuisé physiquement et psychologiquement. Ce qu’il est important de savoir, c’est que cette dépression est une marque de « succès » dans le processus du deuil : plus on va mal, plus cela signifie que l’on avance, cela paraît absurde et paradoxal, mais c’est pourtant ce qui se passe !

Il est à savoir que ce que l’on nomme dépression ne comprend pas uniquement des pleurs et de la tristesse, elle regroupe tout une série de symptômes différents d’une personne à une autre.
On peut y trouver :

des troubles du sommeil.
v des troubles de l’appétit.
v des manifestations physiques diverses (maux de tête, tremblements, nausées, vertiges, palpitations,…). Il est à préciser ici que cela peut aller très loin…En effet sans qu’on ait des preuves formelles établissant une relation entre les deux, on est néanmoins étonné par l’apparition de cancers chez la personne en deuil, peu de temps après le décès d’un être cher.
v un ralentissement psychomoteur qui se manifeste par une lenteur à l’action, une fatigue tenace, une perte de concentration et de mémoire. C’est à ce moment-là que l’on rencontre d’énormes difficultés du point de vue professionnel car les collègues de travail et les supérieurs ne comprennent pas pourquoi après autant de temps (deux à trois mois) la productivité n’est pas revenue comme avant !
v une perte d’intérêt à tout avec un retrait social et donc une baisse de l’estime de soi… : on ne sort plus, on ne veut plus voir personne, on préfère le silence, on se replie sur soi, on vient à douter de l’avenir, de soi, de sa propre valeur (je ne sers plus à rien !) et de l’estime qu’on a de soi !
v parfois même la pensée d’idée suicidaire.
v Au cours de tout le deuil, la dépression évolue de façon différente, par vagues successives. Au début, celles-ci sont fréquentes et très fortes, et puis elles se calment ! Ainsi, pendant deux jours, on est torturé par la douleur et, le lendemain, on a la surprise de se réveiller plus calme et plus paisible, sans qu’il se soit passé quelque chose de particulier… Et au fur à mesure que le temps passe, cette douleur va s’atténuer petit à petit, la cicatrisation s’opère lentement petit à petit. Il faut tenir : on est en train de sortir du tunnel. Mais pendant des mois et des années encore, on ressentira ce mal d’être aux fêtes de Noël, aux anniversaires, à la vue d’une photo,…

La peur

Avec la mort de la personne à laquelle on tenait, tous les principaux repères disparaissent ! Ainsi tout ce qui a structuré notre existence jusque-là et forcément la peur s’installe. Une peur qui peut parfois aller jusqu’à la panique, l’angoisse, l’anxiété qui broient véritablement l’estomac. « Comment puis-je désormais vivre seul ? En suis-je capable ?… » Il est évident que cette angoisse du quotidien est liée au degré de dépendance que l’on a entretenu avec la personne décédée (conjoint qui décède et on n’a plus de revenus, conjoint qui décède et qui laisse l’éducation des enfants,…).

Ces quelques points développés précédemment ne laissent aucun doute sur la violence physique et psychologique de cette phase de « déstructuration ». C’est en fait celle qui est la plus déstabilisante et celle dont les proches ne mesurent certainement pas l’intensité car elle s’opère à plusieurs mois du décès et ils ont en général en face d’eux une personne qui paraît calme, souriante parfois et d’apparence paisible.

Combien de temps durera cette étape? Il n’y a pas de véritable réponse, car n’oublions jamais qu’« à une personne donnée, correspond un deuil donné ». Et pourtant, dans cette intense souffrance, la cicatrisation est en cours. Car, même si les valeurs et les repères s’effondrent, la reconstruction s’annonce… Même si cela fait déjà six mois, un an, deux ans…que l’on souffre, le deuil a pour fonction de détruire mais surtout de reconstruire autrement ce qui a été brisé. Un jour, on se lève et on se surprend à croire qu’il est possible de continuer à vivre, malgré tout !

4. La phase de restructuration

Elle fait beaucoup moins de « bruit », beaucoup moins de remous, elle arrive lentement à petits pas mais elle est là ! Elle a débuté depuis longtemps lors des étapes précédentes en filigrane.
Ainsi, voilà des mois et des mois qu’on se bat, qu’on souffre d’une manière que l’on n’aurait jamais imaginée auparavant. On est fatigué, épuisé et on se demande constamment si ce deuil aura, un jour, une fin. Mais est-ce que cela existe vraiment ? Même si on parle un jour de deuil terminé, cela ne voudra pas dire qu’on éprouvera plus jamais de la souffrance, de la tristesse, de la nostalgie. Non, la cicatrice intérieure restera à vie ! C’est ainsi… et on commence à l’accepter même si l’on a conscience qu’il est impossible que tout redevienne « comme avant ».

Lentement, on commence à envisager à vivre sans la personne décédée. Mais ici encore, c’est une lutte, un combat contre soi car on se sent coupable de reprendre goût à la vie : « Il est mort, elle est morte…et moi, je suis encore là et je continue à vivre ». C’est ce qu’on appelle la « culpabilité du survivant »! Il s’agit presque d’une sorte de « fidélité » à la personne décédée et qui impose de rester dans la souffrance. Mais, quoi qu’il en soit, on est bien obligé de constater qu’un changement intérieur et extérieur est en train de s’effectuer : la phase de reconstruction est en cours.

Elle comprend 3 niveaux :
- Redéfinir sa relation avec autrui et le monde extérieur
Il est vrai que le retour à une vie affective ou amicale demande un énorme courage et une surprenante énergie. Entre la peur de ne plus savoir se débrouiller seul en société et celle de devoir affronter les questions et les regards curieux, on se sent mal à l’aise lors des premières sorties publiques où on retrouve les « gens » dont on s’était éloigné. De plus, cette période de deuil nous a également obligés à effectuer un tri dans le cercle des relations précédentes : on sait qui a répondu présent quand on était dans la détresse ; on a vite repéré ceux qui n’appelaient plus, ceux qui nous évitaient, ceux qui n’ont jamais proposé la moindre aide. Il y a dès lors des personnes que l’on a rayées du carnet d’adresses, tout comme d’autres sont venues s’y inscrire.
Tout est différent à présent : une nouvelle place, un nouveau rôle, une nouvelle manière d’être par rapport à autrui et au monde extérieur.

- Redéfinir sa relation avec le défunt
Comment suis-je en train de penser maintenant à la personne disparue ? On comprend à présent que notre relation avec elle est différente, qu’elle évolue. En effet, on arrive à passer quelques jours sans penser à elle, on arrive à penser à elle sans que cette douleur nous torture. En fait, jusqu’à présent on a idéalisé en quelque sorte la relation qu’on avait avec le défunt : il n’avait aucun défaut. A présent, on redéfinit de façon objective cette relation d’avant avec l’autre, on parvient à le percevoir avec ses qualités, certes, mais aussi avec ses défauts et ses imperfections. On sait qu’il était capable du meilleur comme du pire et enfin on commence à respirer !



Il faut aussi redéfinir sa relation par rapport au temps, aux dates « clés » du calendrier : anniversaire du décès, jour de l’An … Il s’agit ici de toutes ces circonstances de la vie qui vont réactiver le deuil. Chacun à sa manière, en fonction de son histoire et de sa personnalité va petit à petit changer les liens de la relation qu’il entretenait avec le défunt. Tous ces événements de vie vont compléter à leur manière la cicatrisation du deuil !

- Redéfinir sa relation avec soi-même

Le deuil nous oblige à porter sur soi un regard nouveau. Il remet en question tout ce que l’on croit sur la vie et la mort, tout ce que l’on pense de soi et du monde, de ce qu’on croit être, de ce qu’on espère : il déstabilise en fait toutes les valeurs et tous les jugements que l’on avait jusqu’à présent. De toute façon, grandi ou amoindri, on ne ressort jamais indemne d’un deuil. Tout ce que je croyais, tout ce que je disais, tout ce que je pensais a été à un moment ou un autre touché par « l’onde de choc » de la perte.

A la lumière de ce que je viens de vivre, comment vais-je me traiter dorénavant ? Il n’y a que le chemin de mon propre deuil, avec tous les évènements de ma propre histoire de vie qui pourra m’apporter une réponse. Il me faudra peut-être un an, deux ans, cinq ans, dix ans. Mais quand j’arriverai à ne plus lutter contre le fait que la personne que j’ai aimée est bel et bien morte et que je ne chercherai plus à fuir cette réalité, alors je comprendrai la nécessité du deuil et toute cette souffrance. Un jour, je parviendrai à inscrire cette perte au passé dans l’ « Histoire de ma vie ! »
* * * * * * * * *


LE TRAVAIL DE DEUIL

Il s’agit d’un cheminement long, difficile et douloureux. Chacun franchit les différentes étapes à son rythme, en fonction de son passé, de son histoire, de ses ressources personnelles.

Le travail de deuil comporte plusieurs étapes :


a. La période de choc
Après la perte d’un être aimé, le survivant est en état de choc : il est sidéré, abattu.
A l’annonce du décès, la première réaction est le refus ou le déni : la personne se dit que ce n’est pas possible, qu’il y a une erreur. Elle refuse de croire et d’accepter la disparition de la personne décédée.
La pensée est comme gelée. La personne en deuil vit de façon automatique, sans être vraiment présente. Elle peut éprouver une grande difficulté à réfléchir ou à prendre des décisions.
Elle peut aussi sentir une certaine distance par rapport à l’entourage.
Le témoignage d’une veuve souligne mon propos : " Ce jour-là, moi je me souviens, je regardais les gens qui se précipitaient vers moi, les larmes aux yeux et j’étais là, je les regardais, j’avais les yeux secs et je n'arrivais pas à comprendre que c'était irrémédiable."

b. La période de désorganisation

Cette phase commence lorsque la personne en deuil prend conscience de la souffrance et du vide laissés par la perte. La tristesse et le désespoir apparaissent.
Pour la personne veuve, il s’agit de la prise de conscience de sa condition de veuve, du vécu de solitude.
Après la mort du conjoint, tout semble dérisoire. La personne envisage l’avenir avec crainte : elle n’a plus goût à rien.
Peu à peu, elle s’isole du monde extérieur. Ce repli sur soi peut entraîner un ralentissement des activités intellectuelles (par exemple perte de la mémoire).
La douleur morale est essentiellement liée à un sentiment d’abandon, de solitude et de manque. La personne veuve découvre que sa vie a basculé. Elle réalise qu’elle doit s’occuper seule de l’éducation des enfants et assurer l’organisation du foyer.
La désorganisation de la vie relationnelle et matérielle peut amener la personne à prendre des décisions brutales qu’elle regrettera par la suite, par exemple un déménagement ou la vente de biens.
Ce qu’il faut retenir, c’est que cette phase de désorganisation est "normale". En effet, la douleur morale est l’expression et la conséquence du travail de désinvestissement qui s’opère nécessairement après la perte d’un être aimé.

Ce désinvestissement s’effectue de la manière suivante. Chaque souvenir, chaque image du passé sont remémorés et associés à l’idée de perte et de disparition.
Ce processus s’accompagne d’un désintérêt pour le monde extérieur, d’une absence d’élan, de goût pour la vie et parfois de l’idée ou du désir de mourir (même s’ils ne sont pas exprimés verbalement).

c. La période de réorganisation

Cette période commence lorsque la perte est acceptée, reconnue en tant que telle.
La personne veuve peut se souvenir de façon réaliste du disparu.
C’est la période de reconstruction de soi : la personne est capable de se tourner vers l’extérieur, de créer de nouveaux liens et de retrouver goût à la vie.
Cette période n’est pas acquise une fois pour toutes, elle peut être perturbée par un anniversaire ou un événement fortuit.

Cette réorganisation ne peut se faire sans l’aide des autres. Les personnes ont besoin d’un appui, d’une bouée pour refaire surface.
Or, on constate, dans la société contemporaine, une grande solitude et une difficulté à exprimer et à partager une peine.
Afin que le travail de deuil puisse s’effectuer dans les meilleures conditions, il est important que l’endeuillé puisse voir le corps de la personne décédée ; cela permet d’intégrer la réalité de la mort.
Dans le cas de disparition tragique du corps, le travail de deuil sera plus long et plus difficile. L’entourage gardera souvent un espoir que la personne aimée est toujours vivante, ce qui retardera le processus de deuil.
Le milieu du travail ou la simple exécution des obligations habituelles, qu’elles soient professionnelles ou familiales, peuvent aider à maintenir un certain cadre de vie, mais, peu à peu, la solitude se fait sentir, et le besoin apparaît de s’appuyer sur les autres.

Le deuil peut-il être comparé à un divorce ou à une séparation ?
La perte d’un être cher n’est pas une séparation comme les autres parce qu’elle est définitive et qu’elle fait passer une relation du côté de l’histoire révolue d’une personne. Dans la séparation, l’espoir, même illusoire peut persister et l’avenir n’est pas grevé de la sanction liée à la mort : jamais plus je ne le reverrai.

Le divorce ou la séparation peuvent en revanche entraîner un travail de deuil des fantasmes entretenus jusqu’alors avec l’être aimé. Mais il s’agit ici d’une analogie puisque l’espoir de retrouver l’autre peut être confié au hasard.

Le travail de deuil est absolument incontournable pour tolérer l’absence et le vide créé par la mort. C’est une longue étape qui consiste à revenir en pensée et en souvenir sur l’ensemble de la relation. Le travail de deuil est souvent très douloureux ; mais il peut aussi permettre de retrouver des souvenirs heureux et, comme le disent les psychologues humanistes de grandir mentalement ou de croître mentalement. Il s’agit ici d’intérioriser la relation avec l’autre et de tolérer l’indépendance de ce dernier, y compris dans son absence.

L’aptitude au deuil est la clé de cette capacité à vivre ses deuils plus tard, elle se développe avec les premières séparations de l’enfance. En cela, la nature des attachements premiers est fondamentale, souplesse des parents, tolérance quant aux premières prises d’autonomie de l’enfant et sécurité sont les principes forts de cette aptitude au deuil qui facilitera le travail de deuil et limitera les complications du deuil comme la dépression chronique, les maladies physiques qu’on laisse se développer par abandon ou les prises de risque superflues parce qu’« à quoi bon…»
* * * * * * * * *

Les grandes étapes du deuil

On ne peut pas dire que les étapes du deuil soient chronologiquement toujours semblables, mais elles se déroulent souvent sous la forme de :

- La sidération et l’impuissance devant l’événement totalement inassimilable dans un premier temps
- La révolte et le questionnement concernant les circonstances de la mort. Il est très important alors d’avoir des informations sur les circonstances de la mort
- La dépression, qui survient généralement après les funérailles, du fait de la sollicitation émotionnelle engendrée par les retrouvailles avec le groupe familial ou social
- L’acceptation, possible après quelques mois, parfois jamais lorsque l’incompréhension, la révolte dominent.

Les rechutes éventuelles dans la dépression lors des dates anniversaires.
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Quelques conseils pour accompagner les enfants en deuil d'un parent :

- Premier conseil : Qu’il soit clair dans la famille qu’un enfant en deuil ne s’exprimera que s’il a l’autorisation tacite de pleurer et de poser des questions.
Une réunion familiale doit solliciter les souvenirs de tous autour du parent défunt et aider l’enfant à se souvenir également des souvenirs heureux et moins heureux.

- Les enfants en groupe s’entraident souvent et la participation à ce type d’atelier est une bonne chose car hélas, à l’école il est souvent impossible de parler aux camarades de ce qui s’est produit.
Pire encore parfois, les enseignants sont maladroitement intrusifs et ce délicat équilibre nécessiterait des réflexions de groupe sur le sujet
- Dernier conseil, soutenir l’enfant dans sa dernière visite au parent défunt, l’accompagner, répondre à ses questions, l’entourer. Insister sur les commémorations.

Les enfants sont souvent très imaginatifs et les laisser inventer un nouveau type de célébration du souvenir ou de fête autour du souvenir est une excellente chose.
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Un deuil pas comme les autres, la mort d’un enfant
Le deuil d'un enfant revêt une dimension particulière car il touche à ce qu'il y a de plus précieux dans la famille. Il concerne ce qu'il y a de plus fragile, ce dont les parents sont responsables. Le traumatisme de perdre un enfant se situe dans le fait qu'on lui a donné la vie, et qu'à présent on doit accepter qu'il disparaisse. C'est terrible. Et puis, il y a l'idée classique, mais réelle, que ce n'est pas dans l'ordre des choses.
- Etat de choc
Les parents qui ont perdu un enfant passent par plusieurs étapes incontournables qui durent plus ou moins longtemps selon les circonstances. La première phase est celle du choc absolu. On ne peut pas réaliser la mort. Les parents sont dans un état de sidération totale. C'est pour cela que je conseille aux parents de voir l'enfant, de le toucher, et éventuellement même de lui apporter les derniers soins. Beaucoup de parents ont besoin de ces derniers gestes, de prendre leur enfant, de l'embrasser, de l'habiller. Ce sont des moments indispensables parce qu'il y a une irréversibilité, après c'est fini, terminé. Apporter ces soins peut parfois aider à sortir de la sidération.
- Du délire à l'isolement
Beaucoup de parents versent dans le délire. Ils ont l'impression de devenir fous. Ils ont des hallucinations presque amnésiques. Certains croient voir leur enfant. D'autres vont avoir besoin de s'isoler pour rester dans la mémoire de leur enfant disparu. L'isolement est une réaction normale de l'individu qui souffre. La mort d'un enfant est une rupture brutale, donc, au changement de la mort, il donne un autre changement : se retrouver seul. Ils vont avoir besoin de chercher des moments, des endroits où ils étaient avec leur enfant.
Ils ne rejettent pas forcément les autres, mais ils se recentrent sur l'enfant défunt et sur eux-mêmes. Et c'est ce qui explique aussi le besoin pour certains de faire un culte de l'enfant mort, avec des photos ou autres objets lui ayant appartenu. Le père ou la mère reporte alors sur les objets l'amour qu'il ou elle a eu pour cet enfant. C'est une étape presque systématique du deuil initial. Après, ils seront capables de se séparer de ces photos. Même si ça dure, même si c'est parfois extrême, il ne faut jamais de forçage. C'est un processus qu'il faut respecter. Normalement, au bout d'un certain temps, on parvient à donner les affaires. Ça vient quand c'est le moment.
- L'incontournable culpabilité
Une autre étape importante est celle du vide. Pour les parents, le moment de la séparation physique avec le corps de leur enfant est terrible. La fermeture du cercueil est très douloureuse. C'est le moment où le vide, le manque apparaît. Les parents entrent en général alors dans une phase de dépression, ou plus exactement de chagrin. C'est la rupture d'attachement. Ça fait horriblement mal de perdre un enfant, d'autant plus que l'enfant est fragile. Il a besoin d'être protégé. Le parent en est responsable, donc sa disparition remet forcément le parent en question. "J'aurai dû" revient toujours.

C'est là qu'intervient le sentiment de culpabilité. Quelque soit la cause du décès, les parents culpabilisent. C'est souvent : "je l'ai mal aimé, la preuve il est mort", ou d'autres questions ruminées, remâchées, toutes sortes d'hypothèses. On essaie de trouver des causes, même dans les décès par maladie. Les questions taraudent sans cesse, les parents s'accusent. Ça fait partie de la phase du chagrin. Il y a dans tous les cas une responsabilité du parent réel ou fantasmatique.
Même dans le cas d'un assassinat, le parent se sent responsable : il s'accuse de ne pas l'avoir surveillé, de ne pas avoir été là... Dans le cas d'un suicide, forcément la culpabilité est encore plus importante. Se donner la mort vient contredire le simple fait d'être parent puisqu'il a donné la vie. En fait, en se suicidant l'enfant lui a quasiment dit : "je mets fin à la vie que tu m'as donnée". Donc c'est terrible, très très lourd.

- Petits ou grands : même traitement
Il n'y pas forcément de différence entre perdre un enfant en bas âge et perdre un enfant déjà grand. Si ce n'est que le petit enfant décédé est beaucoup plus idéalisé. On ne sait pas comment il aurait été plus grand, il est fantastique… S'il est décédé nourrisson, il n'y a pas eu de relation avec l'enfant, il n'y a pas d'empreintes, ce qui peut être plus simple pour certains. En même temps, la grande difficulté est de faire le deuil d'un fantasme puisque l'on s'est projeté pendant 9 mois dans la naissance de cet enfant.
Quand il est plus grand, il y a de quoi faire avec une histoire, avec des éléments parfois négatifs. A priori, on est donc moins dans un idéal. Lorsque l'enfant est plus grand, on se détache moins difficilement du personnage, on ne se demande pas comment il aurait été, à quoi il aurait ressemblé. Cela paraît dur à dire mais on sait par exemple quel adolescent difficile il a été, qu'il a pu nous en faire baver... Sans que l'on s'en rende compte, tout cela aide à ne pas idéaliser.

- Dommages collatéraux

* Sur la fratrie...
Quand on perd un enfant, on désinvestit tout le reste, notamment les autres enfants. Il y a une idéalisation de l'enfant décédé et donc un désintérêt pour les autres. Sans compter que le parent est déprimé, change de caractère, ce qui est très dur à gérer pour la fratrie. Mais parfois la culpabilité liée à la mort de l'enfant va rendre le parent plus protecteur, parce qu'il va avoir peur de perdre les autres enfants.

* Sur le couple...
Suite à la perte d'un enfant, un couple a souvent du mal à communiquer. Parfois le sentiment de culpabilité se transforme en un rejet des fautes sur l'autre. On a le sentiment que l'autre ne comprend pas la douleur que l'on ressent. Le deuil est très individuel. On ne peut pas communiquer là-dessus. Il ne faut pas forcer la discussion. La mort reste tabou et donc ce n'est pas naturel d'en parler. La perte d'un enfant s'inscrit parmi les échecs d'une vie, donc c'est extrêmement dur d'en parler.

Certains ont besoin de parler, d'autres de se replier. Bref, le couple n'est pas toujours sur la même longueur d'onde. D'un point de vue général les hommes ont souvent plus de mal à parler. Ils ont une pudeur, peut-être liée à l'angoisse de se montrer faible.

* L'enfant de remplacement
Certaines mères ressentent le besoin de faire un enfant tout de suite après un deuil. A partir du moment où le travail de deuil est suffisamment avancé, pourquoi pas, mais si on le fait avant dans le besoin instinctif, c'est plus compliqué. Une maman qui est en deuil va être dans un état ralenti. Si elle est dans une situation de dépression, sa relation va forcément en pâtir. L'attente après le décès est nécessaire sinon la mère ne réussira pas à aimer parce que son énergie sera encore attachée à l'autre enfant. Quoiqu'il en soit, l'enfant qui viendra après doit savoir ce qui s'est passé. Si on l'emmène parfois au cimetière si on commémore la mort de son frère ou de sa sœur, il le saura, le comprendra. Il faut que ce soit naturel, pas forcé.

* Il faut du temps
Il n'y pas de temps de deuil. Le temps du deuil est incompressible. On ne peut pas accélérer les choses. La phase du chagrin est très très lourde. En général, elle dure au moins jusqu'à la première date anniversaire de la mort. C'est très important d'ailleurs de faire une commémoration de la mort de l'enfant. D'être de nouveau entouré par toute le famille, c'est vraiment important. Mais il y a toutes les dates anniversaires qui réactivent le chagrin. Le travail de deuil consiste à ne plus être dans une situation émotionnelle de détresse quand on évoque l'enfant. Cela signifie que l'on peut parler de lui sans plonger dans la crise.

Mais "deuil" ne veut pas dire oublier, mais arriver à ce que l'enfant fasse partir de l'histoire de la famille, d'une certaine époque et que cette histoire continue sans lui. C'est extrêmement difficile mais il faut réussir à se dire : "J'ai vécu avec mon enfant pendant 15 ans, maintenant c'est un autre chapitre de ma vie qui démarre". Mais il faut dire qu'une fois le travail de deuil terminé, c'est possible. C'est possible de ne plus souffrir le martyre à l'évocation de l'enfant mort. Certains parents y parviennent. Il n'y a pas de "trucs" pour faire le deuil, mais on peut y arriver. En travaillant dessus, on a surtout compris que l'accompagnement était essentiel. Il faut être très entouré.



L'amour est comme les anges, petits êtres asexués qui se moquent du genre ...
ninou


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107 messages

posté le 02-01-2007 à 23:33:00

tou ceci est si vraie si réaliste

j'ai vécu tous cela j'ai perdu un garçon a mon 7em mois de grossesse enfin on ma fait une interruption médical de grossesse

mon enfant avais des grave problèmes une trisomie 18 qui est une trisomie rare et mortelle au delà de ça il avais un trou au coeur un kyste énorme au cerveau et de grave malformation du poumon

il n'étais pas considerer comme viable

j'ai très mal vécu cette mort ce deuil

la douleur s'efface chaque année un peut plus mais elle reste la

mon enfant que j'ai porter cette enfant que j'ai l'impression d'avoir tuer pour moi ce fut dur plusieurs des étape que tu as écrie je les est traverser j'ai ue des toc de tca

j'ai toujours peur un jours de perdre mes filles surtout jade qui as des souci de santé

j'ai toujours l'impression que c'est a cause de mes tca

je ne me suis quasiment pas nourri pendent ma grossesse

elle est née avec un poids plus que correcte 3kg500
et chaque jour qui passe je me dit que rien ne sert de culpabiliser alors tous cela s'estompe un peut heureusement

je me sens un peut mieux vis a vis de tous ça

je le vie mieux aussi

ça resteras toujours au fond de mon coeur

mais tous cela cicatrise peut a peut

vera si tu souhaite une amie pour partager ce que tu ressent je suis la

je saurait t'écoute je n'aurais peut être pas les mots mais je serais la

sache le

bon courage

tendre pensé ninou


vera


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122 messages

posté le 03-01-2007 à 03:42:15

Ton temoignage est très beau Ninou. Cette mort n'etait pas un meurtre mais un geste d'amour pour que ton enfant ne souffre pas mais je comprends ton cheminement de douleur.
Tu n'es pas responsable non plus des problèmes de santé de ta fille. As-tu pu parler de ce deuil à tes filles avec des mots simples juste pour leur dire que tu as été triste et que tu es contente qu'elle soient là et que tu les aimes ?

Merci d'être là Ninou, j'ai simplement du mal à accepter que plus le temps passe et plus je verrai mourir des gens que j'aime.

L'amour est comme les anges, petits êtres asexués qui se moquent du genre ...
Tallulah


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120 messages

posté le 03-01-2007 à 17:01:08

Merci Vera d'avoir mis ce sujet
Ninou, tu n'as rien à te reprocher

La maladie et la mort font partie de la vie, c'est peut-être triste à dire, mais c'est surtout ce qui doit nous pousser à profiter de chaque instant passer ici
Tant qu'on est là et tant que ceux qu'on aime y sont aussi.




*Donnez moi la force d'accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être, et la sagesse de savoir distinguer les deux.*
ninou


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posté le 04-01-2007 à 01:01:46

merci les filles je trouve que vous êtes vraiment gentille

vous ne pouvez pas vous imaginer au combien vos mots me touche

je me sens rassurer

pas facile de vivre dans ce monde de brute

je vous embrasse très fort tendrement ninou


vera


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122 messages

posté le 06-01-2007 à 04:17:06

Juste deux liens d'associations pour ceux qui vivent un deuil :

http://www.vivresondeuil.asso.fr/
Pour les parents endeuillés :

http://www.apprivoiserlabsence.com/



Un forum pour s'entraider pour tous :

http://forum.doctissimo.fr/psychologie/deuil/liste_sujet-1.htm

Bon week-end à tous et toutes

L'amour est comme les anges, petits êtres asexués qui se moquent du genre ...
ninou


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107 messages

posté le 09-01-2007 à 01:14:42

merci vera tu est une chique femme qui a un grand coeur et ça me touche merci pour tous


vera


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122 messages

posté le 10-01-2007 à 18:46:29

Ninou, merci
J'ai une pensée particuliàrement aujourd'hui pour mon parrain qui a perdu un ami cher qui s'est suicidé.
C'est toujours une dehirure de perdre ceux qu'on aime
J'espère que ce site pourra aider par ces liens et sa beauté ( Tallulah) à témoigner ce qu'il y a de beau et de precieux dans la vie

L'amour est comme les anges, petits êtres asexués qui se moquent du genre ...
vera


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122 messages

posté le 10-01-2007 à 19:03:06


L'amour est comme les anges, petits êtres asexués qui se moquent du genre ...

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